DEUXIEME PARTIE
MYTHES & RÉALITÉS SUR L’HOMOSEXUALITÉ
ET LA BISEXUALITÉ FÉMININE & MASCULINE
1- L’homosexualité n’est pas uniquement une question de comportement sexuel
L’homosexualité, tout comme l’hétérosexualité, est une orientation sexuelle. Une orientation sexuelle comporte 3 aspects : comportements, émotions et fantasmes. Or lorsqu’on discute de l’homosexualité, on a généralement tendance à oublier l’aspect émotionnel de cette orientation sexuelle et à la réduire à son seul aspect comportemental, sexuel.
2- L’homosexualité n’est pas une identité sexuelle
Avoir une identité sexuelle c’est se sentir homme dans un corps d’homme ou femme dans un corps de femme. L’homosexualité quant à elle, concerne uniquement l’objet d’amour et non l’identité sexuée. L’homosexualité ne renseigne pas sur l’identité de la personne (ses pensées, ses valeurs, ses goûts, ses idéaux, son origine, son passé, son histoire, etc.) elle renseigne seulement sur le fait que la personne aimée est du même sexe. Rien de plus. Malgré cela on entend beaucoup parler d’identité homosexuelle tant par les personnes hétérosexuelles que par les personnes homosexuelles. Ne s’agirait-il pas plutôt d’une culture homosexuelle développée au cours du mouvement de libération sexuelle et homosexuelle ?
3- L’homosexualité n’est pas « une déviance » de la sexualité humaine
La sexualité humaine est par essence diverse et multiple. La normalité est de trouver dans la sexualité humaine une diversité d’orientations sexuelles. Il semble qu’il existe plus d’hétérosexuels que d’homosexuels. Mais dire que l’hétérosexualité est la norme car elle est majoritaire revient dans ce cas à considérer normalité = majorité.
Or la normalité ou la santé d’une orientation sexuelle réside dans la qualité de la relation à l’autre (qualité de l’intimité, de la réciprocité émotionnelle, etc.). Et cela s’applique tant à l’homosexualité et à la bisexualité qu’à l’hétérosexualité.
4- L’homosexualité n’est pas un choix
Cette confusion découle d’une certaine vulgarisation et d’une simplification de la théorie psychanalytique. Lorsqu’on évoque en psychanalyse les identifications (croisées ou non) et les choix d’objet d’amour, il s’agit d’un processus long, complexe et inconscient. Les individus n’ont pas consciemment choisi de devenir homosexuels ou de s’identifier au père (pour la fille) et à la mère (pour le garçon). De plus, les identifications portent en général sur certains aspects de la personnalité du père ou de la mère. Ces aspects peuvent être de nature féminine ou masculine indépendamment du sexe anatomique de la personne à qui l’enfant s’identifie. La construction d’une orientation sexuelle ne peut être réduite uniquement au facteur psychologique car il agit en interaction avec des facteurs biologiques et sociaux, ce qui rend l’hypothèse du choix conscient totalement erronée.
5- Les hommes homosexuels ne sont pas nécessairement féminins et les lesbiennes ne sont pas nécessairement masculines
Il existe des femmes hétérosexuelles qui peuvent être très masculines dans leur façon d’être même si elles s’habillent de manière féminine, tout autant qu’il existe des hommes hétérosexuels qui possèdent des caractéristiques féminines poussées.
Les critères basés sur la féminité et la masculinité ne sont pas des indicateurs fiables de l’orientation sexuelle d’une personne.
D’autre part, l’équivalence : féminin = réceptivité / masculin = activité est une construction sociale. L’activité n’est pas l’apanage des hommes et la réceptivité n’est pas non plus uniquement réservée aux femmes.
Quelques éléments de compréhension :
La vision du monde en termes binaires (actif/passif, normal/anormal, féminité/masculinité, esprit/corps) cache une hiérarchie de pouvoir. Quand on est confronté à du binaire on est obligé d’évaluer les deux pôles et donc de prendre position à travers un jugement de valeur. Parce qu’ils ont réalisé qu’une conception binaire est un système de pensée réducteur, les chercheurs commencent aujourd’hui à opter pour une vision du monde multipolaire où les choses sont moins tranchées et plus flexibles. Ils pensent qu’une vision multipolaire reflète mieux la réalité et la richesse de notre monde.
Ainsi, la féminité et la masculinité ne sont plus considérées aujourd’hui comme étant des caractéristiques stables. La féminité et la masculinité sont plutôt des états d’esprit, des façons d’être au monde qui sont en mouvance. Une femme par exemple peut se sentir masculine à certains moments d’une même journée et féminine à d’autre, tout comme elle peut se sentir féminine ET masculine en MEME temps. L’important c’est que tous ces aspects soient harmonieusement intégrées à la personnalité et que la personne ait un ‘sentiment d’identité stable et continu’.
L’approche multipolaire permet de prendre en compte toutes les différentes dimensions du féminin et du masculin – d’autant plus qu’elles varient en fonction des époques et des cultures - et évite de les réduire à la polarité passif/actif.
La difficulté est que cet état de pensée nécessite un fonctionnement psychique suffisamment souple pour supporter les ambiguïtés surtout lorsqu’il s’agit de domaines relevant de la sexualité et de la différence des sexes. Car la simultanéité des opposés peut générer de l’angoisse. La société se défend alors en rejetant cette vision des choses et préfère recourir à une manière de pensée plus rassurante qui est celle de la dichotomie et du binaire (bon/mauvais, gentil/méchant, etc.)
Il résulte de cette dichotomie féminin/masculin une vision classique et traditionnelle des rôles attribués à l’homme et à la femme au sein du couple hétérosexué, vision à laquelle nombre de jeunes couples n’adhèrent pas. Quant aux « couples homosexués » (nomination proposée par J.Ferzli), ils se heurtent dans la construction de leur couple à l’absence de modèle identificatoire qui puisse refléter leur réalité dans toute sa subtilité. Concrètement, cela se traduit par des étiquetages (toute orientation sexuelle confondue, puisque nous évoluons tous dans une société hétérosexiste) concernant leur ‘rôle’ au sein du couple qu’ils forment. Comme si dans un couple, l’un des partenaires devait nécessairement jouer sur le plan social et sexuel le rôle de la femme (sous-entendu passivité) et l’autre le rôle de l’homme. Or dans la réalité, ce sont deux hommes qui s’aiment ou deux femmes. Nous rappelons ici que l’orientation sexuelle ne touche pas à l’identité sexuelle. Ce n’est pas parce qu’un homme a une sensibilité féminine ou des aspects féminins accentués qu’il devient pour autant une femme et vice-versa. Cela s’applique aussi pour les personnes homosexuelles. Le sentiment d’identité continu et stable d’être un homme dans un corps d’homme ou une femme dans un corps de femme n’implique pas la rigidité et la stabilité de la féminité ou de la masculinité. On trouve souvent cette confusion entre qualités féminines/masculines (en mouvance) et sentiment d’identité sexuée (stable et continu). De plus, lorsque l’on examine de plus près les couples homosexués, nous découvrons qu’en réalité, les deux conjoints sont souvent labiles dans leur façon d’être au monde, même et surtout dans leur sexualité. Chez les hommes homosexuels, cet étiquetage trouve son apogée au sein même de la communauté gay à travers la terminologie top/bottom à travers laquelle les hommes tentent de se définir sexuellement. Perpétuant et reprenant à leur compte le modèle hétérosexiste réducteur et stigmatisant. Et parce que les humains restent humains quelle que soit leur orientation sexuelle, les mêmes discriminations dont on souffert les personnes homosexuelles dans la société hétérosexiste réapparaissent dans la communauté gay et lesbienne. Exemple trop fréquent au Liban : il n’est pas très bien vu pour un homosexuel qui « passe inaperçu » de marcher dans la rue en compagnie d’un homosexuel « trop flagrant, trop féminin » accusé lui, d’entretenir les stéréotypes et de « nuire à la réputation de ceux qui ont une allure conforme aux codes hétérosexistes ! ».
6- L’homosexualité n’est pas « contre-nature » - Mythe d’une nature hétérosexuelle
La croyance qui consiste à penser que la nature est par essence hétérosexuelle a été maintes fois invalidée par de nombreuses observations dans ce domaine. Les éthologues ont en effet découvert que la majorité des autres espèces, en particulier les mammifères, ont des pratiques homosexuelles, voire forment des couples de même sexe à l’état naturel.
7- Confusion des termes « naturel » et « moral »
Il existe une tendance à confondre le terme ‘naturel’ (qui se trouve à l’état naturel sur terre) et ‘moralité’ (mœurs et attitudes dictées par un certain ordre, qu’il soit religieux, social, culturel, etc.). En désignant l’homosexualité comme n’étant pas « naturelle », certaines personnes signifient en fait qu’elles pensent que l’homosexualité n’est pas « morale », ce qui revient à dire que c’est une perversion.
8- L’homosexualité n’est pas « une perversion sexuelle » - Mythe de l’amoralité
Dans la perversion sexuelle, le but de l’individu est de maîtriser l’autre, d’avoir une emprise sur lui et de l’utiliser comme outil ou objet pour satisfaire ses propres désirs. Dans ce cas l’autre n’existe plus comme sujet désirant mais uniquement comme objet de satisfaction de ses propres pulsions. C’est un mode de relation à l’autre qui se retrouve dans toutes les orientations sexuelles et qui n’est pas l’apanage de l’une ou de l’autre. On ne retrouve pas plus de pratiques perverses dans l’homosexualité que dans l’hétérosexualité
9- Les homosexuels ne sont pas « hypersexualisés »
Même s’il est possible que la « culture gaie » masculine mette l’accent sur l’affectivité et la sexualité (cf. §11), il est indéniable que nous retrouvons à l’intérieur de chaque orientation sexuelle des personnes dont les besoins sexuels sont grands et d’autres dont les besoins sexuels sont plus réduits.
L’interdiction qu’impose la société aux couples gais et lesbiens de vivre leur relation au grand jour ne permet pas une inscription dans la durée. Il est du coup très difficile pour ces couples d’avoir des relations longues et stables sans une possibilité de vie de couple ordinaire. Ceci peut amener certains individus à privilégier l’aspect sexuel de la relation puisque l’aspect affectif ne trouve pas d’espace pour s’épanouir.
10- L’homosexualité n’est pas synonyme de pédophilie
C’est une confusion qui a la vie dure. La pédophilie est une perversion. Une personne pédophile est un adulte qui désire sexuellement le corps d’un enfant. Or ceci n’est pas le cas des personnes homosexuelles qui sont attirées par des adultes du même sexe. Par ailleurs, toutes les études disponibles montrent que l’abus sexuel des jeunes garçons est majoritairement le fait d’hommes qui se définissent comme hétérosexuels. Les recherches les plus récentes montrent d’ailleurs que c’est par des proches hétérosexuels que le petit garçon et la petite fille risquent surtout d’être sexuellement agressés.
11- L’homosexualité n’est pas synonyme de promiscuité ou d’obsession sexuelle
Ce mythe s’appuie en partie sur des enquêtes qui ont montré qu’en moyenne les hommes homosexuels avaient plus de partenaires sexuels ou même d’aventures extra-couple que les hommes hétérosexuels ou que les femmes. Cette réalité est davantage due au fait que les hommes (homo et hétéro) socialisent d’avantage à travers la sexualité. Les femmes homosexuelles sont celles qui ont le moins de partenaires en moyenne et qui sont surtout les plus fidèles lorsqu’elles forment un couple.
12- L’homosexualité n’est pas contagieuse
L’orientation sexuelle ne se transmet pas. La preuve : la très grande majorité des personnes homosexuelles non seulement proviennent de milieux familiaux où l’hétérosexualité est la règle, mais affrontent les pressions à la conformité sans que cela ne change leurs attirances.
L’orientation sexuelle est peu influençable par la proximité ou par l’exemple d’autres orientations. Autant qu’il est difficile d’amener une personne hétérosexuelle à devenir homosexuelle (à moins de bisexualité), il est tout aussi difficile d’amener une personne homosexuelle à être hétérosexuelle. Ainsi, une personne homosexuelle ne peut influencer une personne hétérosexuelle à devenir homosexuelle et vice-versa.
13- L’homosexualité n’est pas synonyme d’incapacité parentale
Ce mythe est le résultat de plusieurs préjugés et fausses croyances.
Il est souvent relié à la confusion entre homosexualité et pédophilie (cf. § 8). Cette confusion aboutit à la fausse croyance que les enfants élevés par un couple homosexué seraient en danger d’être victimes d’abus sexuels.
Il peut aussi être le résultat de la fausse croyance selon laquelle l’homosexualité serait contagieuse et que les enfants élevés par un couple homosexué deviendraient eux-mêmes homosexuels. Croyance totalement erronée puisque les individus homosexuels sont élevés par des parents hétérosexuels.
La fausse représentation qui considère l’homosexualité comme une maladie mentale (cf. Complément) est également responsable du mythe de l’incapacité parentale.
Précisons tout d’abord que l’orientation sexuelle d’une personne ne rentre pas en jeu dans ses capacités à être parent. La capacité parentale se construit sur des éléments totalement indépendants de l’orientation sexuelle d’un individu. Les recherches comparatives - dont les deux groupes d’échantillons on été tiré de la population générale - ont d’ailleurs montré qu’il n’existe aucune différence au niveau du fonctionnement psychologique entre des personnes de différentes orientations sexuelles (cf. complément - Friedman & Downey, 2003).
Certains auteurs font même remarquer que si l’on appliquait aux parents hétérosexuels les mêmes préjugés qu’aux parents homosexuels, il faudrait aussi s’alarmer du fait que la majorité des enfants victimes de violence ou d’inceste proviennent de foyer où le couple est hétérosexuel.
Certains psychanalystes objecteront qu’un enfant élevé par des parents homosexuels ne pourra pas accéder à la différence des sexes, étape fondamentale dans le développement psychoaffectif d’un enfant. Dans ce cas, que dire des enfants élevés dans une structure monoparentale, que dire des familles où l’un des deux parents n’existe même pas dans le discours du parent présent ? De plus, n’oublions pas que les couples (hétérosexuels ou homosexuels) ne vivent pas isolés ; il y a autour d’eux de nombreuses personnes des deux sexes, grands-parents, oncles, tantes, amis, qui peuvent remplir des rôles différents, comme c’est le cas dans des familles monoparentales par exemple. L’isolement d’une famille est d’ailleurs un facteur de risque pour le développement psychique d’un enfant, que les parents soient hétérosexuels ou homosexuels.
L’important pour l’enfant, quelle que soit sa structure familiale est de savoir qu’il faut un homme ET une femme pour faire enfant et d’avoir dans son environnement une figure paternelle et une figure maternelle. Un enfant a toujours un père et une mère, il arrive qu’il ne connaisse pas l’un ou l’autre (décès, adoption, fécondation in-vitro avec donneur anonyme, etc.) cela peut être douloureux pour l’enfant, mais c’est l’attitude de l’environnement familial qui va l’aider ou non à supporter cette douleur et compenser le manque à travers des figures de substitutions.
De plus, une visite rapide des facteurs familiaux principaux qui mettent en danger le devenir psychique des enfants nous oriente vers : les secrets de famille, les conflits parentaux, la violence conjugale, toutes les formes claires ou plus subtiles de maltraitances physiques et psychiques, l’immaturité affective des parents, les états dépressifs ou psychotiques d’un ou des deux parents, toute souffrance psychique ou physique d’un ou des deux parents, etc. Est-ce là des facteurs typiquement caractéristiques des couples homosexués ? L’expérience clinique la plus basique nous apporte quotidiennement la preuve que ce sont là des réalités qui ne tiennent pas compte de l’orientation sexuelle des parents.
Ainsi, les enfants les plus épanouis sont ceux issus des structures familiales où les deux parents, qu’ils soient hétéros ou homos, sont bien dans leur peau, ont une vie sociale, professionnelle et familiale riche et épanouie, où les liens sont solides et dénués de non-dits et de secrets, notamment les secret liés aux origines de l’enfant.
Finalement, le débat qui sévit en occident autour de la légalisation de l’adoption d’enfants par des couples homosexuels pose une question qui relèverait de la culture, des mœurs et de l’organisation des sociétés plus que de la capacité ou de l’incapacité des personnes homosexuelles à être parents.
14- L’homosexualité n’est pas une maladie mentale : (cf. Complément)
Depuis 1973 l’Association des Psychiatres Américains (APA) a rayé l’homosexualité de la liste des maladies mentales et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en a fait de même en 1991. Il a fallu du temps et beaucoup de travail pour que les organisations se démarquent de l’homophobie institutionnalisée et puissent appréhender l’homosexualité d’une manière plus scientifique et objective.
Aujourd’hui le caractère pathologique ou non de la sexualité d’un individu ne se diagnostique pas en fonction du sexe de l’objet d’amour (orientation sexuelle) mais en fonction d’autres critères : qualités particulières d’intimité, d’érotisme et de réciprocité profonde et résiliente (Bell. S.M 2005 ; Chodorow. N.J 2002 ; Davies. J 2003)
15- L’homosexualité n’est pas synonyme de misogynie (haine des femmes) ou d’androphobie (peur des hommes)
L’observation empirique la plus élémentaire démentit la croyance selon laquelle les hommes homosexuels détestent les femmes et que les femmes homosexuelles haïssent les hommes : les personnes homosexuelles ont la plupart de temps de très bons (nnes) ami(e)s du sexe opposé.
16- Synonyme de sida
Beaucoup a été dit et écrit sur le fait que les hommes homosexuels aient été parmi les premiers et les plus touchés par le sida. Ce sont des raisons sociologiques, culturelles et épidémiologiques qui expliquent cette situation. Autrement dit, ce n’est pas l’orientation en elle-même qui est responsable du sida, mais des facteurs culturels et sociologiques. Il n’en reste pas moins que le sida touche toutes les catégories de personnes puisque le VIH lui, est un virus qui ne fait aucune discrimination.
17- Synonyme de malheur, de dépression, de solitude
Ce sont plutôt les effets de la stigmatisation. Aucune orientation sexuelle n’est garante du bonheur ou du malheur. Il est vrai que les jeunes homosexuels (le)s sont plus enclins au suicide, mais les études montrent que cette réalité est la conséquence du rejet, de l’incompréhension réelle ou anticipée des proches et de l’homophobie environnante et/ou intériorisée.
Les recherches montrent que les hommes et les femmes qui ont intégré harmonieusement leur homosexualité et qui vivent dans un environnement non ou très peu homophobe s’avèrent aussi sains et heureux que toute autre personne.
18- L’orientation sexuelle quelle qu’elle soit ne peut pas être changée ni de gré ni de force
Les thérapies pour transformer l’homosexualité en hétérosexualité n’ont jamais fonctionné. En effet l’homosexualité n’est pas une maladie pour qu’elle soit « guérie ». La sexualité humaine inclut la notion de désir et c’est le désir qui donne à la sexualité humaine des tonalités différentes.
Les cas, rapportés dans la littérature scientifique, de passage de l’homosexualité à l’hétérosexualité exclusive après une thérapie nommée ‘réparative’ concernent tous des personnes qui étaient déjà bisexuelles et qui ont opté pour développer davantage leur composante hétérosexuelle.
Les thérapies dites ‘réparatives’ visent à changer le comportement sexuel d’une personne, mais ne réussissent en aucun cas à changer les émotions ou les fantasmes. Or ces deux aspects forment la partie essentielle d’une orientation sexuelle. C’est pourquoi les ‘thérapies réparatives’ peuvent être dangereuses. Elles risquent en effet, d’augmenter les sentiments de culpabilité et la haine de soi. Elles ne visent qu’à rendre conforme en apparence l’individu aux normes d’une société donnée sans réel travail de fond.
Les traitements hormonaux n’ont aucune influence sur l’orientation sexuelle. Ces traitements ont uniquement un effet physiologique, or l’orientation sexuelle ne relève pas de la physiologie. Lorsqu’on parle de facteur biologique dans la construction de l’orientation sexuelle, il s’agit d’influence hormonale prénatale (cf. Complément). Ainsi, des injections de testostérones à des adolescents ou adultes n’aura pour seul effet qu’un dérèglement hormonal avec toutes les conséquences physiologiques que cela peut avoir.
Nous pouvons ajouter à la gamme des pratiques sexuelles d’une personne mais nous ne pouvons lui faire perdre ses attirances premières. Il est possible que des changements se produisent dans la vie érotique d’une personne comme lorsque certains individus se découvrent des attirances homosexuelles seulement à l’âge adulte, mais aucune étude sérieuse n’a pu jusqu’à ce jour prouver qu’on pouvait changer d’orientation sexuelle. De plus, l’érotisme est basé sur le désir, pas sur la menace ou la peur. Cela est vrai tant pour l’homosexualité que pour l’hétérosexualité ou la bisexualité.
19- Toutes les personnes homosexuelles ne sont pas pareilles et n’ont pas nécessairement des affinités en commun
Cette confusion découle d’une façon de penser qui consiste à généraliser la partie au tout.
Le seul point commun entre deux personnes homosexuelles est leur orientation sexuelle. Il existe autant de diversité de personnalités chez les personnes homosexuelles que chez les personnes hétérosexuelles.
A la limite, la seule autre caractéristique commune aux personnes homosexuelles est le sentiment d’exclusion et de rejet ainsi que leurs conséquences sur le psychisme, en raison de l’hétérosexisme et de l’homophobie ambiante.
20- Il n’existe pas de tests pour découvrir l’orientation sexuelle d’une personne
L’orientation sexuelle, qu’elle soit hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle est le résultat d’une interaction de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Même si chez certaines personnes certains facteurs ont plus d’influence que chez d’autre, l’interaction des différents facteurs reste une caractéristique essentielle de la construction de l’orientation sexuelle.
Aucun test psychologique, ni biologique, ni génétique n’a pu jusqu’à aujourd’hui montrer l’orientation sexuelle d’une personne. De la même manière aucun test de personnalité n’a pu montrer de différences significatives entre des personnes homosexuelles et des personnes hétérosexuelles sur le plan de leur fonctionnement psychique. Ce qui revient à dire qu’il n’y a pas plus de troubles mentaux chez les homosexuels que chez les hétérosexuels, mise à part la dépression et les tentatives de suicides, résultats de l’homophobie ambiante.
Comment découvrir l’orientation sexuelle d’une personne ?
C’est uniquement la personne elle-même qui peut découvrir son orientation sexuelle. Dans certain cas, cela peut prendre des années d’introspection et de travail et dans d’autres cas, les choses peuvent être plus claires dès le début, cela dépend de la perméabilité et de la tolérance de l’environnement et de l’individu à la diversité des orientations sexuelles.